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 LA DICTÉE GOURMANDE 2006

Comme lors de ses éditions précédentes, le Salon international du livre gourmand organise une dictée gourmande à l’intention de tous ceux qui, non contents d’être gourmands, aiment aussi à se frotter aux difficultés et périls de la langue française.

Après le « frichti oriental » de Xavier Darcos, en 2000, le « cheddar caduc » d’Hervé Brunaux en 2002 et les "Propos de table" de Jean-Louis Glénisson en 2004, les amateurs doivent affronter les pièges tendus par Chantal Tanet et Tristan Hordé, lexicographes collaborant notamment au Robert et auteurs de divers ouvrages (dictionnaire toponymique du Périgord , Les mots de la gourmandise , entre autres...)

La dictée 2007

La dictée gourmande 2007 a été concoctée par
Tristan Hordé et Chantal Tanet

La dictée impossible

Pour paraphraser Massillon, notre semaine « n’a été qu’un travail, une occupation continuelle » pour aligner quelques phrases destinées à provoquer le plus de fautes possible. Nous avons cherché des mots frappés d’obsolescence, accumulé les murs décrépis, les portes-fenêtres et les œufs éclos, des chausse-trappes1 malaisées à repérer, telles que : « ils se sont battus avec les demi-solde qu’ils ont croisés », et Littré nous a appris que les chasseurs pratiquaient le houl’eau. Voilà bien des affiquets !

Mais comment introduire la cuisine portugaise ? Sauf à proposer de subtils acrostiches ou des anagrammes compliquées à partir des noms de mets pris dans la langue de Pessoa. On imagine que les serviettes de coton brodées et les torchons de coton écru sont les mêmes qu’ici et que l’on se régale aussi de tomates ponceau, de jus de fruits ou de jus de betterave, que l’on se délecte de confiture de cynorhodon2, que l’on rejette les fruits blets ou gâtés par une ecchymose.

À vrai dire si, grâce à sa maîtrise de l’histiodromie, le Portugal a introduit en Europe la cacahuète3 et les achards (pas les piccalillis), après la fâcherie des puissances chtoniennes 4 qui détruisit Lisbonne, plus rien. Alors ? L’un des légumes les plus diversement cuisinés au Portugal, le chou, a évidemment ses répondants en France où l’on prépare la bardatte et le brabouffat. De même notre gangasse a ses équivalents au Portugal où la morue est reine, mais nous ne connaissons pas le flétan fumé et la liqueur de griottes. Abrégeons et laissons les comparaisons : nous avons bourriol et mesclun, biarrote et oyonnade, et le Portugal ses merveilles régionales, à base par exemple de pois chiches ou de serran.


1 autre graphie possible : chausse-trapes

2 autre graphie admise : cynorrhodon

3 autres graphies admises : cacahouète, cacahouette

4 ou : chthoniennes.

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